La beauté du lait, du lait… au juste prix !

La nouvelle n’est plus très fraîche mais comme elle est bonne, très bonne, je ne résiste pas au plaisir de vous la resservir, au petit déjeuner ou à l’heure du thé avec un nuage de lait. Parce que le sujet, ce n’est pas seulement le lait. Cette information, moi, ça m’a donné de l’espoir. L’espoir que la transition est possible, que faire autrement et mieux c’est possible, quoi qu’en disent ceux qui savent mieux que tout le monde.

Une fois n’est pas coutume, des producteurs de lait, des consommateurs, une enseigne de grande distribution et un industriel se sont entendus pour mettre dans les rayons un lait respectueux. Respectueux des vaches, de leurs éleveurs, des consommateurs et (bien sûr…) de la marge du distributeur et du fabricant. La marque s’appelle « C’est qui le patron ? » et se présente comme la marque du consommateur : le mixe produit a été élaboré sur la base d’un cahier des charges établi par un panel de consommateurs. Le lait est donc vendu à un prix qui rémunère équitablement son producteur : 390€ les 1000 litres au lieu des 200€ pratiqués l’été dernier. Pas mal, non ? Quand on pense au contexte de crise de la filière dans lequel tout cela s’est fait. Des producteurs qui manifestaient leur désespoir, un gouvernement qui manifestait son impuissance, un géant de l’industrie laitière qui manifestait son mépris… Non, vraiment, il n’y avait pas de solution, c’était comme ça, le cours de la vie égalait le cours de la bourse, circulez, y’a rien à boire…

Hé ben si, on peut changer le cours des choses, en pensant et en faisant autrement. Autrement que comme ce qu’on nous dit de faire. Et en prenant les choses en main, à la base. Vous je ne sais pas, mais moi ça me rappelle un peu la démarche des villes en transition… Comme quoi la campagne aussi peut prendre le chemin de la transition. Mais revenons à nos vaches, comment tout cela s’est-il produit ? Une coopérative de 50 producteurs de la région de Bresse était réunie autour des mêmes valeurs : l’envie de faire de la qualité, dans le respect de l’animal et de la tradition, sans OGM, avec du fourrage produit à la ferme, la mise en pâturage le plus souvent possible (ha oui c’est vrai, les vaches ça mange de l’herbe !), dans des exploitations familiales, à taille humaine. Et tous avec le même problème : une mort annoncée pour cause de prix de vente de leur lait en dessous de tout. Poussés par l’énergie du désespoir, ils sont allés voir leur Carrefour local pour proposer leur idée de marque du consommateur orientée sur la qualité. Le Carrefour local a interpelé le Carrefour national, puis a sollicité la laiterie LSDH (Laiterie Saint-Denis, ils ne font que des produits laitiers !) qui s’est associée au projet. Et enfin les consommateurs ont posé leurs exigences en définissant leur cahier des charges. Tiens c’est curieux, alors que la grande distribution et les adeptes de la concurrence à tout prix nous disent que le consommateur veut avant tout des prix les plus bas possibles, les 6850 participants ont demandé un prix qui permette au producteur non seulement de ne pas perdre d’argent mais en plus de se faire remplacer pour profiter de temps libre (après tout, les producteurs de lait ne sont pas des bêtes, ils ont aussi besoin de vacances…) !

Quitte à payer le litre 20 centimes de plus. Il veut aussi du lait qui vienne de France, des vaches qui mangent du fourrage produit localement et naturellement riche en oméga 3 et pas d’OGM, et des vaches qui broutent dans les pâturages… Parce que les vaches aussi ont droit au bien-être et que les prés sans vaches ça devient de la friche ou des terrains de golf. Comme quoi, le sommateur n’est pas si… qu’on veut nous le faire croire.

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