Le point sur 5 idées-reçues concernant le photovoltaïque par Denis Roycourt

Pour ceux qui comme certains d’entre-nous auraient quelques doutes sur les compositions et conséquences à long terme du photovoltaïque, un tout grand merci à Denis Roycourt, adjoint au Maire d’Auxerre, vice-président Environnement et Développement durable de nous porter son éclairage sur les 5 idées-reçues suivantes :
Idée reçue n°1 : « Les panneaux solaires ne sont pas recyclables »
« C’est faux. Tout du moins pour les modèles au silicium cristallin, qui représentent 90 % du marché mondial », assure Bertrand Lempkowicz, directeur de la communication de PV Cycle, un organisme public chargé du recyclage des panneaux solaires.  « On peut recycler un panneau à 100 %, tout dépend de l’intérêt économique. Nous ouvrirons en mars prochain une usine pilote en partenariat dans les Bouches-du-Rhône. Notre objectif est d’y retraiter 98 % des matériaux qui composent les panneaux ». Un panneau solaire est composé à 75 % de verre. Une matière recyclable à l’infini, tout comme l’aluminium qui compose son cadre. À l’intérieur, on retrouve un film plastique en EVA qui peut être transformé en granules pour être refondu ou brûlé pour générer de l’électricité. Enfin, restent les cellules en silicium et les conducteurs électriques qui peuvent être en aluminium, en argent ou en cuivre. Ces éléments sont séparés mécaniquement et chimiquement avant d’être fondus, puis réutilisés.
Idée reçue n°2 : « Il faut plus d’énergie pour fabriquer les panneaux qu’ils n’en rapportent »
C’est évidemment faux ! La production nécessite de l’énergie, c’est vrai, car il faut faire fondre le verre et le silicium métallurgique pour qu’il se cristallise. Mais il en va de même pour fabriquer l’acier et le béton qui composent les centrales atomiques.  Les processus industriels ont beaucoup évolué ces dernières décennies. En 1986, il fallait compter 409 grammes d’équivalent CO2 pour un kWH. Aujourd’hui, l’empreinte d’un panneau solaire n’est plus que de 20 à 25 grammes d’équivalent CO2 par kWH. Concrètement, cela signifie que les panneaux « remboursent » leur dette énergétique en seulement un an et demi en France, contre 5 ans en 1992. « Et même si vous habitez en Norvège, où il y a beaucoup moins de soleil, cela reste très intéressant. Vous remboursez leur dette énergétique en deux ans et huit mois, ajoute Bertrand Lempkowickz. Ensuite, c’est de l’énergie gratuite et 100 % propre ! »
Idée reçue n°3 : « Les panneaux ne durent que 25 ans »
C’est un chiffre que l’on entend souvent, mais qui ne concerne en fait que les premiers panneaux produits dans les années 1980. Encore que certains utilisé pour  les satellites sont encore en fonction au bout de 50 ans.  Pour les nouveaux modèles, on n’a pas encore de  recul. C’est probablement 50 ans, peut-être plus.   Au pire, ils produiront un peu moins avec les années…  Tesla a osé récemment franchir ce pas pour ses toitures solaires avec une garantie illimitée.
Idée reçue n°4 : « Le photovoltaïque coûte trop cher pour les particuliers
Le prix du solaire a baissé de 80 % ces 16 dernières années. C’est comme le prix des téléphones : il est en chute libre et désormais n’importe qui peut s’en équiper, réagit Xavier Daval. Pour donner un ordre d’idée en s’appuyant sur les derniers contrats d’achat, le kWh solaire se négocie actuellement autour de 6,4 centimes en France et 5,8 centimes en Allemagne. Alors qu’une centrale nucléaire de dernière génération comme l’EPR d’Hinkley Point en Angleterre facturera du 21 centimes du kilowatt-heure ! »
Idée reçue n°5 : « On ne peut pas stocker l’énergie produite »
C’est un point de moins en moins vrai. Déjà il existe un potentiel d’autoconsommation important justement sur des bâtiments publiques. Pour la consommer toute l’année, les chercheurs du CNRS travaillent également pour fabriquer du froid à partir de l’énergie solaire. Pour le stockage  Tesla installe en ce moment un peu partout dans le monde des batteries géantes au lithium. Mais il y a d’autres façons de stocker l’énergie verte, comme celle proposé par  par exemple en pompant de l’eau dans des barrages ou d’anciennes mines pour la libérer au besoin et alimenter des génératrices.  La fabrication de l’hydrogène est également un mode de stockage des énergies de flux comme le solaire ou l’éolien. Mais c’est surtout avec les futures smart grids qu’on pourra ajuster la production aux besoins de façon  précise.
A ce propos, un projet coopératif et citoyen est en train de se constituer à Auxerre, le but étant que l’énergie du soleil et ses revenus puissent profiter à la collectivité.
Si vous voulez en savoir plus, une réunion d’information est prévue le mercredi 6 février 2019, à 18 heures, au théâtre d’Auxerre. Elle permettra d’expliquer les tenants et les aboutissants du projet de toits solaires et citoyens.

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